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Qualité de vie

La qualité de vie en Aquitaine en 2020

Un enjeux à relever : pour une continuité de la qualité de vie en Aquitaine en 2020

Cette conférence du 8 novembre 2005 à Périgueux portera sur un concept très largement partagé mais pourtant difficile à définir qu’est la qualité de vie. Terme employé pour mesurer le bien-être, cette notion décrit ce que les personnes pensent de leur milieu et l’ensemble de ses composantes. Il s’agira ici de relever l’ambition de continuer à mettre l’Homme au centre de la démarche de développement et d’aménagement du territoire.

Il s’agira notamment d’évaluer les conditions de bonne déclinaison de cette ambition, dans chacune des politiques publiques et principalement dans celles qui sont en lien avec le quotidien de chacun (l’habitat, les déplacements, la formation, les loisirs, le travail, ...). La région apparaît être l’échelle pertinente pour répondre aux besoins de chacun dans ses exigences de développement professionnel et personnel. Il importera de situer cette thématique de la qualité au regard des représentations que se font les Aquitains de leur avenir à 15 ans, notamment suite à la consultation menée auprès de 15 000 personnes en 2003 par le Conseil Régional d’Aquitaine.

Plus qu’une réflexion sur les « objectifs techniques  », nous interrogerons les formes et finalités des nouvelles demandes liées aux mutations sociales : le vieillissement, le besoin de proximité, la mobilité, les conditions d’intégration des jeunes, des seniors ou des femmes dans le monde du travail, mais aussi, pour chacun(e), les besoins de sécurisation et d’intégration aux espaces collectifs. Dans ce domaine, la qualité de l’action est tout autant le fait d’acteurs publics que privés ; avec un rôle majeur joué par le tissu associatif.

Si le maître mot proposé pour qualifier l’Aquitaine est celui de la qualité (référence à la convivialité, la tradition, les paysages remarquables, les plaisirs de la table ...), les fondements de cette qualité sauront-ils résister aux évolutions du territoire : pression urbaine et démographique, recul de l’agriculture, intégration de nouvelles populations, saturation ici des espaces et risques de rupture là, banalisation des modes de vie ... ? Si une majorité des Aquitains bénéficie de conditions de vie favorables et agréables, enviées par beaucoup de citoyens européens qui font de cette région leur nouvelle terre de prédilection, est-on assuré que tout aquitain, dans son quotidien (habitat, cadre de vie, travail ...) pourra tirer profit de ces atouts régionaux ?

Quels sont les facteurs constitutifs de la qualité de vie en Aquitaine et comment les préserver, les développer et les renouveler ?

La vie au quotidien : l’habitat et les déplacements
Devant nos aspirations au logement et aux déplacements facilités, une réflexion pourrait-être engagée sur l’élaboration :

  • d’un plan de déplacement régional, multimodal, proposant une alternative structurée au mode de déplacement dominant de l’automobile, dont l’objectif sera de permettre une mobilité individuelle à prix accessible en tout point de la région (perspectives de la gratuité, péage urbain...), par tout public ;
  • d’une charte de l’habitat régional pour un habitat de qualité (HQE), permettant l’accès à tout type de logement pour tout public. Associée à une politique ambitieuse du foncier, cette charte engagera l’ensemble des collectivités et des organismes partenaires (opac, adil, associations, promoteurs... ). Comment encourager l’accès à la propriété pour les catégories sociales contraintes à la location ? Comment rétablir l’égalité des chances face au logement ? Comment promouvoir des modes de logement adaptés à la diversité des publics (personnes âgées, handicapées, étudiants, publics en insertion, ...), confrontés à des besoins spécifiques ?

L’épanouissement professionnel

  • Assurer une sécurité professionnelle :
Cette orientation a été développée dans le domaine de l’économie et de l’emploi. Il s’agit de permettre un élargissement des marchés du travail fréquemment calés sur des bassins de proximité et un accompagnement des parcours individuels permettant des changements, des démarrages ou des reprises de carrières dans l’espace régional, dans des conditions de plus grande sécurité professionnelle et par là de plus grande efficacité individuelle et collective. Avec les services publics de l’emploi, les organismes de formation, les représentants des territoires et des branches professionnelles, une nouvelle organisation des itinéraires de vie professionnelle sont à envisager à 15 ans, permettant le meilleur traitement pour la personne comme pour l’employeur des parcours entre entreprises, formation, pause professionnelle....
  • Encourager la formation tout au long de la vie

C’est un concept ancien, à réactualiser sans cesse. Les dispositifs « techniques » ont considérablement progressé pour diversifier l’offre de formation. Il est encore possible de progresser dans différents domaines, notamment par exemple :


-  En faisant des lycées et des collèges, des véritables centres de ressources de proximité dédiés aussi à des publics non scolarisés (associations, jeunes, professionnels), pour les appuyer dans la diversité de leurs besoins sportifs, culturels, formation permanente, ateliers techniques, interface recherche-vie économique.

-  En faisant progresser le « marketing de formation » de façon à permettre à toute personne désireuse de se former, de construire son plan de formation, non plus à travers des offres cloisonnées, mais bien plus à travers des unités de valeur. Ceci renvoie à une approche « formation » à partir de l’offre Aquitaine, signifiant mobilité, logement pour les bénéficiaires et globalisation de l’offre.
  • L’espace aquitain : un capital à préserver durablement

Au moment où l’emboîtement des espaces se renforce, où urbain et rural se rapprochent en temps, en style, où les périphéries urbaines, lieux de tension sur le foncier et les paysages, deviennent les vraies entrées de ville, où les bourgs jouent des rôles renforcés en matière de centralité, de qualité de vie tant pour les habitants que pour les touristes, à un moment donc où s’accélèrent les mutations spatiales au risque de banaliser les identités, les formes et les ambiances, il apparaît opportun de donner plus de place aux exigences de bien être, qualité de vie dans la conception, la réalisation et le fonctionnement des espaces publics et des réalisations co-financées par les collectivités. Dans cette perspective, la charte paysagère et environnementale s’imposera comme une disposition incitative, formative et participative, créatrice d’harmonie, bien être pour tout territoire (ville, quartier, rural, espace vide....).
Par ailleurs, comment protéger nos ressources naturelles : quelle politique de gestion de l’eau, des déchets (recyclage, recherche et développement) et de la qualité de l’air ? Comment améliorer la prise en compte des risques naturels et technologiques ? Comment encourager les politiques d’énergie renouvelables et innover dans ce domaine

  • Garantir les besoins en terme de services et d’accès à la santé

L’arbitrage entre accessibilité et proximité nécessite de se poser la question des besoins en services publics, que ce soit en milieu urbain ou en milieu rural. Egalement, au moment où la carte de l’offre sanitaire se restructure, il s’agira de permettre l’accessibilité des services de santé à chacun par des réseaux santé (médecin, paramédical, pharmacien, ambulancier, ...) de proximité assurant les premiers soins et un suivi des publics nécessitant une mise en relation avec les territoires offrant des services de santé supérieurs. En complément, un travail de prévention sera engagé en mobilisant l’ensemble des institutions intervenant auprès des publics.

  • Stimuler l’offre socioculturelle et renforcer la dynamique du tissu associatif

La remise à plat de l’offre culturelle pourrait être engagée aux niveaux des EPCI, à travers des «  plateaux culturels » assurant une cohérence de diverses initiatives et une accessibilité renforcée de l’offre existante pour le plus grand nombre.
Il s’agirait d’optimiser les ressources publiques, l’appartenance aux grands réseaux régionaux du livre, de la musique, du théâtre afin d’encourager une vraie mutualisation des moyens. La politique régionale quant à elle, devra se concentrer sur des offres/évènements/sites nécessitant une taille critique pour accéder à la lisibilité, mobiliser les compétences voulues, et toucher les zones de chalandise les plus larges.
Parce que le rôle des associations dans la vie publique et dans la contribution à l’intérêt général est croissant, il semble souhaitable de leur faire une place dans les orientations du Schéma Régional ; ici, devra être abordée la question de l’efficience du tissu associatif, sa professionnalisation, l’intergénérationnel , le statut du bénévole, mais aussi les têtes de réseau et autres centres de ressources, les organisations des associations à l’échelle des territoires ( maison des associations...).