Les principales tendances de la démographie aquitaine
Une vaste
région française caractérisée par une
faible densité
Troisième par sa superficie et sixième par sa population
(3 009 000
d’habitants au 1er janvier 2004), l’Aquitaine
figure parmi les
grandes régions françaises et européennes.
Avec une densité de 74 hab/Km2, elle se situe parmi les
régions les
moins densément peuplées de France, en raison notamment
de l’importance
des superficies boisées qui occupent 44% de son territoire et
qui ont
permis l’émergence et le développement d’une
filière bois importante.
Ainsi, selon les territoires, la densité passe de 10 hab./Km2
dans
certaines parties des Pyrénées, à 500 hab./Km2
dans les communes
littorales de la Côte Basque et du sud des Landes.
Ainsi, si la région offre encore de grandes
disponibilités en espace,
celui-ci tend à se raréfier dans certaines zones. Cette
tendance
constitue un enjeu primordial en termes d’aménagement du
territoire.
Une
croissance démographique aquitaine supérieure à la
moyenne nationale
Entre 1999 et 2004, la région Aquitaine bénéficie
de la 3ème croissance
démographique nationale (+0,96%/an) derrière le
Languedoc-Roussillon
(1,40%/an) et Midi-Pyrénées (1,05%/an). Cette croissance
aquitaine
s’explique en très grande partie par l’augmentation de son solde
migratoire qui vient compenser un solde naturel relativement faible
La Gironde est d’ailleurs, depuis plusieurs années le seul
département
aquitain à enregistrer un solde naturel positif.
Bénéficiant en outre
d’un apport migratoire important, le département
métropolitain est,
comme le souligne l’INSEE, « le moteur essentiel de
l’augmentation de
la population régionale représentant 44% de la population
aquitaine ».
Au cours de cette même période, la Dordogne et le Lot et
Garonne
parviennent à peine à maintenir le nombre de leurs
habitants : le Lot
et Garonne cumule déficit naturel et solde migratoire faible
tandis que
la Dordogne - dont le solde naturel est encore plus négatif -
bénéficie
d’un apport migratoire notable (de l’ordre de 4% entre 1990 et 1999).
Inversement, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques
enregistrent une
hausse de leur population grâce à un solde migratoire
positif.
Depuis 1999, l’attractivité de l’Aquitaine s’est
amplifiée et au 1er
janvier 2004, près de 235 000 personnes habitaient une autre
région
cinq ans auparavant. Ainsi, l’excédent des arrivées sur
les départs est
passé, en rythme annuel, de 43 personnes pour 10 000 habitants
entre
1990 et 1999, à 64 entre 1999 et 2003.
Il importe surtout de souligner que contrairement à une
idée trop
souvent avancée, l’Aquitaine n’attire pas prioritairement des
retraités. Ainsi, entre 1999 et 2004, 23% des arrivants avaient
entre
30 et 39 ans (soit quatre points de plus qu’entre 1990 et 1999), et 27%
de 4 à 19 ans. Cette arrivée conséquente de
catégorie d’âge jeune s’est
traduite positivement sur la pyramide des âges, et la proportion
des
plus de 60 ans diminue légèrement en Aquitaine alors
qu’elle stagne, ou
progresse dans les autres régions de la France
métropolitaine, excepté
en Midi-Pyrénées. Les 20-29 ans enfin restent nombreux
à venir en
Aquitaine (poursuite des études, prise d’un premier emploi),
mais ils
compensent à peine les départs de même ordre et
pour les mêmes motifs
de cette classe d’âge très attirée par l’Ile de
France.
Deux tendances
importantes en Aquitaine : métropolisation et littoralisation
Depuis 1990, l’évolution démographique s’est
caractérisée en Aquitaine
par une accentuation des déséquilibres
démographiques et économiques
entre zones rurales et pôles urbains d’une part, entre zone
littorale
et zone rurale intérieure d’autre part.
Ainsi, les grandes zones urbaines continuent leur croissance rapide :
près de 70% des aquitains sont en 1999, des citadins (75% au
plan
national), et un aquitain sur trois réside dans les limites des
trois
grandes zones urbaines que sont, au nord, l’agglomération de
Bordeaux,
et au sud celles de Pau et de Bayonne-Biarritz-Anglet. Plus encore,
comme le souligne le CESR, « 86% des Aquitains vivant dans
l’espace à
dominante urbaine (pôles urbains et péri-urbains)
dépendant des sept
aires urbaines de plus de 50 000 habitants, alors qu’ils
n’étaient que
80% en 1990 ».
La densification des zones littorales entre 1990 et 1999, d’origine
exclusivement migratoire doit être également
soulignée, et l’essor
démographique touche plus particulièrement le pourtour du
bassin
d’Arcachon, la Côte Basque et le sud des landes, conjuguant ici
le
double attrait pour le littoral et la vie urbaine. Une forme
d’urbanisation continue aurait de plus tendance à se
développer entre
Bordeaux et le bassin d’Arcachon d’une part, Dax et la côte
landaise
d’autre part.
Inversement, l’espace rural isolé, à l’écart des
zones d’attraction
directes des unités urbaines, et les zones de montagne
stagnent ou
déclinent, à peu d’exceptions près. Dans certains
de ces territoires,
le dépeuplement qui se conjugue souvent avec vieillissement
amène des
questions importantes de maintien des services publics et de
développement des services à la personne. En comparaison
avec la France
métropolitaine, le poids du rural demeure important en
Aquitaine, les
pôles ruraux joutés aux espaces ruraux isolés
représentant 30,1%
contre 18,3% au niveau national en 1999.
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